Face à l’emballement de la crise mondiale des déchets, il apparaît évident que ni le « bien jeter » individuel ni le recyclage à grande échelle ne constituent des réponses suffisantes.
Dans le nouvel ouvrage du CETRI « Les déchets du monde : envers du décor », des auteurs et autrices du Sud et du Nord démontent la grande illusion selon laquelle les solutions technologiques, incarnées par le recyclage industriel et la valorisation énergétique, suffiront à contenir le désastre environnemental.
Leurs recherches donnent à voir les coulisses d’un système globalisé : déchets électroniques au Ghana, pollution plastique au Mexique, déchets toxiques du fracking en Argentine, travail précaire de récupération à Delhi, ou encore tourisme et accumulation des déchets en Indonésie...
Derrière les promesses d’économie circulaire se cachent des réalités moins reluisantes : les responsabilités sont renvoyées vers les consommateurs, de nouveaux marchés lucratifs s’ouvrent pour les industries et les marchés financiers, tandis que les coûts sociaux et environnementaux frappent les populations et les territoires vulnérables.
À l’échelle globale, les déchets révèlent autant qu’ils dissimulent : ils exposent les excès de consommation et occultent les mécanismes qui les produisent. Ils constituent un miroir des rapports de domination et des inégalités qui structurent nos économies mondialisées. Ils révèlent qui produit, qui profite et qui subit.
Avec ce livre, nous tirons la sonnette d’alarme : il est désormais impératif de ralentir l’exploitation des ressources, freiner la croissance matérielle – voire l’inverser dans nos sociétés surconsommatrices – et repenser nos besoins.